Compte-rendu de la rencontre avec Sandrine Chesnel

Publié: 12 avril 2016 par Lycée Simone Weil Conflans Sainte Honorine dans CDI, Filière Gestion Administration, Vie du lycée

Lors du mardi 29 mars au CDI de 8h15 à 10h15, nous avons accueilli Sandrine Chesnel, journaliste qui travaille à L’Express.

Nous étions accompagnés de Mme DESSEVRE et de M. LEVEQUE.

Nous devions poser des questions à la journaliste sur son métier, sur son parcours, et sur elle-même. A partir de ses réponses, nous devions prendre des notes pendant que Kani et Amel faisaient le « livetweet » de la rencontre sur Twitter.

Les réponses que la journaliste nous donnait étaient très instructives, et l’ambiance en classe entière était plus agréable que d’habitude.

A la fin de l’interview, une collation nous était offerte par le lycée pour prolonger cet agréable moment.

2GA2 : Quelles sont les difficultés de ce travail ?

Sandrine Chesnel : C’est d’abord de trouver du travail. C’est un métier qui attire beaucoup et c’est un métier qui licencie beaucoup. Pour la première fois, l’année dernière, le nombre de cartes de presse a baissé alors qu’il était en augmentation depuis toujours. C’est un indicateur, il y a environ 36000 cartes de presse. Il y a pas mal de groupes qui licencient. Moi, je suis dans un groupe de presse qui a beaucoup licencié l’année dernière, mais c’est comme ça dans beaucoup de groupes de presse depuis plusieurs années. Une des difficultés est de rentrer dans le métier et une des façons d’y entrer, c’est la pige : C’est d’aller soi-même chercher l’info et de la vendre à la rédaction, ça peut marcher. Les difficultés, c’est aussi se lever à 5h30 du mat’, c’est pas du tout mon truc. C’est aussi les horaires tard le soir. Il y a aussi le stress, même si c’est un stress positif, comme un médecin des urgences.

2GA2 : Comment entre t-on dans le métier de journaliste ?

Sandrine Chesnel : Il est préférable d’avoir un diplôme de journaliste et de plus en plus de jeunes  rentrent grâce aux écoles de journalisme, j’ai fait une école de journalisme non reconnue mais dans l’idéal pour être journaliste il faut avoir un réseau.

2GA2 : Qu’est ce qui vous plaît dans ce métier?

Sandrine Chesnel : Ce qu’il y a de génial dans ce métier, c’est qu’il est satisfaisant pour les gens curieux. Il faut être réactif et, évidemment, il faut aimer écrire que ce soit pour la télé ou la radio, sur papier ou sur le web, on écrit tout le temps ; c’est pas le même genre d’écriture. l’écriture radio est destinée à être prononcé, l’écriture télé est une écriture destinée à accompagner des images donc c’est encore un autre travail, l’écriture Web et l’écriture papier ne sont pas très différentes. Il faut donc aimer écrire, aimer les mots et avoir du plaisir à écrire, être curieux pour aller chercher des infos. Le journaliste est assez réputé pour être fainéant mais je pense dans le fond qu’on ne l’est pas tant que cela, vu les horaires qu’on fait. Enfin il faut aimer mettre en relation les choses entre elles parce que c’est aussi ce qu’on fait tout le temps pour expliquer et donner aux gens des éléments qui vont leur permettre de se faire un avis sur ce qui s’est passé.

2GA2 : Quelles études avez-vous effectuées pour devenir journaliste ?

Sandrine Chesnel : Je ne suis pas forcément un exemple car les études et moi, ça fait deux ! J’ai fait un bac littéraire que j’ai eu de justesse. Après je suis partie à l’Université. Mes parents ne croyaient pas trop à mon projet de devenir journaliste car je ne viens pas d’une famille bourgeoise, je viens d’une petite ville loin de Paris, ce qui n’aide pas. Je crois que ma mère rêvait plutôt que je sois prof. Au bout de 4 ans, j’ai eu une licence de Lettres et un diplôme de théâtre. Je suis arrivée à Paris pour faire une école de journalisme qui recrutait sur dossier avec une licence alors que les écoles reconnues recrutent sur concours avec moins de 10% de taux de sélection. C’est dommage car ils ne recrutent que des très bons élèves et donc, dans les rédactions, on risque de se retrouver avec beaucoup d’anciens premiers de la classe : ils se ressemblent beaucoup et tous sont issus du même milieu social. On a aussi besoin de « mauvais élèves », de gens venant de partout, c’est la richesse d’une rédac’. C’est difficile de faire comprendre ça à ceux qui recrutent car eux-même sont  d’anciens bon élèves et recrutent ceux qui leurs ressemblent, c’est naturel et ça se passe aussi dans d’autres secteurs professionnels. Dans cette école de journalisme, j’y suis restée 3 ans puis, avant de finir ma troisième année, j’ai trouvé un employeur, une agence de presse audiovisuelle où je faisais déjà des reportages. Ce n’est pas un exemple mais c’est aussi pour vous montrer  que l’on peut réussir même avec un parcours qui n’est pas linéaire.

2GA2 : Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

Sandrine Chesnel :  En fait, c’est un ensemble de choses… Quand je suis entrée en 6eme, mes parents m’ont offert un radio réveil et donc le matin je me réveillais avec la radio. C’était l’époque des premières radios libres donc des premières radios privées, c’était assez incroyable, les fréquences pour émettre avaient été libéré donc n’importe qui pouvait lancer sa radio. Moi, tous les matins, je me réveillais avec la radio ; d’abord avec la radio libre du coin de chez moi puis après avec France Inter. Je trouvais cela génial enfin, j’adorais entendre les infos donc déjà en 6eme j’étais super attirée par ça et, en arrivant au lycée,  j’avais vraiment envie d’être journaliste même si dans mon milieu, personne était journaliste . Pourtant j’avais du mal à penser que c’était possible.

2GA2 : Pour qui avez-vous travaillé?

Sandrine Chesnel : J’ai travaillé  pour France 5 (la Cinquième à l’époque), TEVA, L’Express,  France Info, l’Étudiant, des magazines féminins…

2GA2 : Quels types d’article écrivez-vous ?

Sandrine Chesnel:  Plein d’articles différents : des portraits, des brèves d’actualité, des lives (suite de brèves sur un événement que l’on enrichie régulièrement), des reportages, enrichissement d’article d’autres revues. Ma dernière grosse enquête était sur le bizutage dans l’école de Santé des armées. Pour cela, il faut un gros carnet d’adresse.

2GA2 : Quel est votre article préféré ?

Sandrine Chesnel : je n’ai pas vraiment d’article préféré car je suis à l’Express depuis deux ans et demie et j’ai écrit plus de 250 articles ; je les aime presque tous… Mais j’ai quand même bien aimé mon article sur le bizutage, celui sur un prêtre pédophile et la couverture des attentats de Bruxelles.

2GA2 : Avez-vous toujours tenu la même rubrique ?

Sandrine Chesnel : non, je n’ai pas toujours tenu la même rubrique. J’ai pas mal travaillé sur les sujets concernant l’Éducation mais, s’il y a un attentat, je ne serai plus vraiment sur l’Éducation donc la rubrique n’est pas vraiment tenue. Je fais aussi des articles pour la rubrique «  monde », « politique », « société » et un peu celle « sport ».

2GA2 : Pourquoi avez-vous choisi ce journal?

Sandrine Chesnel: C’est marrant de me poser la question, alors que depuis vendredi je sais que je pars. En plus de l’Express, il n’y a que 4 à 5 news magazines nationaux de toute façon. Pour quelqu’un qui veut travailler pour un news magazine, il n’y a pas beaucoup de choix. Il y a le Nouvel Obs , l’Express , le Point, Marianne, et le JDD qui n’est pas vraiment un news magazine mais qui est hebdomadaire. Il y a Valeurs actuelles mais c’est un journal qui est très éloigné de mes convictions politiques. La question ne se pose pas, je ne vais pas travailler avec ce journal. Un jour ils ont copié/collé une interview que j’avais faite pour L’Express ; enfin ça, c’est un autre sujet. Ce qui est important quand on est journaliste, c’est que l’on ne veut pas travailler pour des journaux qui ont une politique éditoriale, une ligne, une façon de traiter les sujets qui est trop éloignée de nos convictions personnelles .

2GA2 : Comment est l’entente avec vos collègues et votre hiérarchie ?

Sandrine Chesnel : C’est très cool et assez décontracté. Comme je pars, je ne ferai plus de desk et cela va me manquer, car on travaille plus en équipe quand nous sommes en desk. Á la base, le journaliste est très indépendant et assez solitaire. Quand on travaille avec une équipe web, on travaille plus avec les autres et on est obligés de se parler pour savoir ce que font les autres, et puis on plaisante beaucoup, c’est une bonne ambiance. Il y a plein de gens sympas. Tout le monde se tutoie. On fait des soirées pour Noël, des pots, des goûters… Il y a un problème : On mange tout le temps !

2GA2 : Pour que les articles soient plus intéressants, détournez-vous les informations ?

Sandrine Chesnel : Moi personnellement non, après il y a des journaux ou des chaînes qui vont faire dans les sensations comme parfois les chaînes d’info en continu, c’est leur fond de commerce, la sensation. S’ils veulent garder leurs spectateurs le plus longtemps possible, il faut qu’il se passe un truc tout le temps. Ils mettent un genre de jingle un peu surprenant pour attirer l’attention. Après transformer l’information, non, je ne crois pas. C’est clair que les journalistes ont une mauvaise image ; moi, dans mon travail de tous les jours, je ne transforme pas l’information que j’ai.  Au contraire, j’essaie de la mettre en perspective, de l’analyser. Quand il y a un truc important qui vient de se passer, on essaie de la vérifier avant de la diffuser. Après, c’est vrai qu’il y a des journaux qui ne le font pas suffisamment. Par exemple, la semaine dernière, une chaine d’info continue a diffusé une vidéo en disant que c’était l’attentat de Bruxelles alors que c’était une vidéo d’un attentat à Moscou. Il n’a pas voulu tromper le spectateur mais il n’a pas vérifié ses sources. Si une information est mauvaise, cela peut être aussi un journaliste qui a été trompé. Certains journaux comme Valeurs Actuelles vont présenter l’information d’une certaine façon conforme à sa ligne éditoriale, c’est pour cela qu’il faut croiser différentes sources pour ne pas se laisser influencer.

Making of

         Avant que la journaliste vienne, tout d’abord nous avons prévenu l’administration, ensuite nous avons trouvé une salle pour l’accueillir. On a ensuite distribué les rôles d’interviewers, de secrétaires et de twittos. Avant d’écrire les questions, nous nous sommes renseignés sur le magazine l’Express, sur les types d’articles écrits par la journaliste et sur le métier de journaliste.

            Le jour J, la salle a été préparée pour accueillir la journaliste puis nous nous sommes présentés avant de poser nos questions.

            A la fin de l’interview, nous avons fait un bilan avant de retranscrire les notes des secrétaires corrigées, puis l’article a été mis en page et enfin vous êtes en train de le lire dans le journal du lycée.

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commentaires
  1. vrousseau dit :

    Une rencontre très enrichissante, merci Sandrine Chesnel !

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